Vous envoyez un mail important à un client ou un prospect. Trois jours passent. Une semaine. Toujours rien. Vous hésitez : relancer trop tôt peut sembler insistant, attendre trop longtemps risque de faire perdre l'opportunité. Entre votre agenda surchargé et la multiplication des dossiers, le suivi des échanges devient une source constante de stress administratif.
Cette situation n'est pas anecdotique : selon Bloomberg Law, les avocats consacrent 48% de leur temps à des tâches administratives, contre seulement 37% d'utilisation facturable. Une partie significative de ce temps perdu concerne justement le suivi et la relance des échanges non aboutis.
Pourquoi vos mails restent sans réponse
Relancer un mail consiste à renvoyer un message à un destinataire qui n'a pas répondu dans un délai raisonnable, en reformulant votre demande de manière courtoise et en apportant une valeur ajoutée pour faciliter sa réponse.
Avant de relancer systématiquement, il faut comprendre les vraies raisons du silence. Votre interlocuteur n'est pas nécessairement désintéressé : il peut être submergé, votre mail enterré sous cinquante autres, ou votre demande pas assez claire pour mériter une réponse immédiate.
Les causes les plus fréquentes :
- Volume écrasant : un dirigeant d'entreprise reçoit en moyenne 120 mails professionnels par jour
- Objet peu explicite : "Suite à notre échange" ne dit rien sur l'urgence ou le contenu
- Demande imprécise : "Merci de me tenir informé" ne génère pas d'action concrète
- Mauvais timing : envoi le vendredi soir ou pendant les congés
- Manque de contexte : le destinataire a oublié de quoi il s'agissait
Dans le contexte juridique, un facteur supplémentaire entre en jeu : certains clients perçoivent inconsciemment votre mail comme une source d'obligations ou de mauvaises nouvelles, créant un réflexe d'évitement.
Le bon timing pour relancer efficacement
Contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de délai universel. Le timing dépend de trois variables : l'urgence objective du dossier, la nature de votre relation avec le destinataire, et le contexte de votre demande initiale.
Pour une demande d'information client : attendez 3 à 4 jours ouvrés. Ce délai montre du respect sans laisser le dossier s'enliser. Si le client a explicitement évoqué des contraintes ("Je suis en déplacement cette semaine"), adaptez en conséquence.
Pour une proposition commerciale : patientez 5 à 7 jours. Un prospect qui réfléchit à une collaboration a besoin de temps pour évaluer sa décision. Relancer trop vite ressemble à de la pression commerciale, incompatible avec la déontologie de la profession.
Pour un document urgent à valider : relancez après 48 heures, en précisant clairement la deadline. L'urgence justifie la rapidité, mais elle doit être réelle.
Pour une partie adverse ou un confrère : le délai dépend des procédures en cours. Dans le cadre d'une négociation, 5 jours ouvrés constituent une base raisonnable. En présence de délais légaux, votre relance doit être calibrée en fonction des échéances.
Un principe général : si vous devez relancer une troisième fois, le problème n'est plus le timing mais la méthode. Passez au téléphone ou proposez un rendez-vous.
Les techniques de relance qui fonctionnent vraiment
Une relance efficace n'est jamais un simple "Je me permets de revenir vers vous". Cette formule creuse n'apporte aucune valeur et se noie dans le flux quotidien. Votre message doit accomplir trois choses simultanément : rappeler le contexte, faciliter la réponse, et donner une raison de répondre maintenant.
Technique 1 : Le rappel contextualisé
Reformulez l'essentiel de votre demande initiale en une phrase. Votre destinataire ne va pas chercher votre mail précédent. Exemple : "Je reviens vers vous concernant la validation du projet d'acte de cession, que je vous ai transmis le 15 janvier dernier. Deux points nécessitent votre arbitrage avant que nous puissions finaliser."
Technique 2 : La question fermée
Transformez une demande vague en choix binaire. Au lieu de "Qu'en pensez-vous ?", écrivez "Préférez-vous que nous intégrions la clause de non-concurrence sur 24 mois, ou souhaitez-vous la limiter à 18 mois comme évoqué ?" Une question fermée génère mécaniquement une réponse.
Technique 3 : L'élément nouveau
Apportez une information complémentaire qui justifie votre relance. "Depuis notre dernier échange, la jurisprudence a évolué sur ce point" ou "Le délai de rétractation arrive à échéance le 30 janvier" donnent une légitimité à votre message. Vous n'êtes pas insistant, vous êtes diligent.
Technique 4 : La proposition d'action alternative
Offrez une sortie de secours : "Si le moment n'est pas opportun pour traiter ce dossier, nous pouvons décaler notre rendez-vous au mois prochain. Confirmez-moi simplement ce qui vous conviendrait le mieux." Cette approche désamorce la culpabilité et facilite la réponse.
Les formulations à privilégier selon les situations
Le ton de votre relance doit s'adapter au contexte relationnel. Un client de longue date tolère une approche plus directe qu'un prospect froid. Voici des exemples concrets, adaptés aux situations courantes.
Relance d'un client existant (ton collaboratif)
"Madame Durand,
Je reviens vers vous concernant le projet de statuts que je vous ai transmis le 10 janvier. Votre validation sur les clauses d'agrément nous permettrait d'avancer vers la convocation de l'assemblée générale.
Souhaitez-vous que nous organisions un point téléphonique de 15 minutes pour clarifier certains aspects, ou préférez-vous me faire un retour écrit ?
Bien cordialement"
Relance d'un prospect (ton pédagogique)
"Monsieur Leblanc,
Suite à notre échange du 20 décembre concernant la restructuration juridique de votre groupe, je me permets de revenir vers vous.
Depuis notre discussion, une récente instruction fiscale clarifie les conditions d'exonération dans votre cas particulier. Cette évolution pourrait modifier notre approche initiale.
Seriez-vous disponible pour un échange de 20 minutes la semaine prochaine ? Je vous propose mardi 14h ou jeudi 10h.
Cordialement"
Relance d'un document urgent (ton factuel)
"Madame Martin,
Le projet d'assignation que je vous ai soumis le 5 janvier nécessite votre validation avant le 20 janvier pour respecter le délai de prescription.
Confirmez-vous que nous pouvons procéder en l'état, ou souhaitez-vous que nous modifiions certains éléments ?
Je reste à votre disposition pour tout échange.
Bien cordialement"
Notez l'absence systématique de formules d'excuse ("Désolé de vous déranger") qui affaiblissent votre positionnement. Vous exercez votre mission avec diligence, vous n'avez pas à vous excuser.
Les erreurs qui sabotent vos relances
Certaines pratiques courantes nuisent à votre efficacité sans que vous vous en rendiez compte. Voici les pièges les plus fréquents.
Erreur 1 : Le copier-coller du mail initial
Transférer votre message précédent avec un simple "Relance" en objet n'apporte rien. Votre destinataire voit un pavé de texte déjà ignoré une fois. Reformulez systématiquement en condensant l'essentiel.
Erreur 2 : La relance passive-agressive
"Je n'ai toujours pas eu de retour de votre part" ou "Comme je vous l'avais déjà indiqué" créent une tension inutile. Même si vous êtes frustré par le silence, votre ton doit rester neutre et constructif. Vous cherchez une solution, pas à pointer une faute.
Erreur 3 : La surcharge d'informations
Profiter de la relance pour ajouter trois nouvelles questions complexifie la tâche du destinataire. Un mail de relance doit être plus court que le message initial, jamais plus long. Une demande claire vaut mieux que cinq demandes floues.
Erreur 4 : L'absence de suivi structuré
Relancer au hasard, selon ce dont vous vous souvenez, génère des doublons (vous relancez deux fois la même personne) ou des oublis (vous ne relancez jamais). Sans système, impossible de savoir qui a répondu, qui doit être relancé, et quand.
Cette dernière erreur est la plus coûteuse : les études montrent qu'un client existant a 60 à 70% de probabilité de générer une nouvelle mission, contre 5 à 20% pour un prospect froid. Perdre le fil d'une relation établie par manque de suivi représente un manque à gagner direct.
Erreur 5 : La relance sans canal alternatif
Si trois mails restent sans réponse, le problème n'est plus le contenu mais le canal. Certains clients ne lisent leurs mails qu'épisodiquement. Un appel téléphonique de 2 minutes résout souvent ce qui résiste à trois mails.
Comment automatiser le suivi sans perdre la touche personnelle
Le vrai défi n'est pas d'écrire une bonne relance, mais de savoir quand la déclencher sans surveillance manuelle permanente. Vous ne pouvez pas garder en tête l'état de cinquante échanges simultanés.
Les solutions artisanales (fichier Excel, notes manuscrites, rappels éparpillés dans l'agenda) créent plus de charge mentale qu'elles n'en résolvent. Vous passez du temps à maintenir le système au lieu de l'utiliser.
Les outils de messagerie offrent des fonctions natives souvent sous-exploitées. Dans Outlook, la fonction "Assurer un suivi" permet de marquer un mail envoyé et de recevoir une alerte si aucune réponse n'arrive dans le délai défini. Simple mais efficace pour les cas ponctuels.
Pour un suivi plus structuré, un système centralisé devient indispensable. L'idée : chaque échange important est automatiquement horodaté et classé par contact. Vous voyez d'un coup d'œil les dernières interactions avec chaque personne de votre réseau, sans avoir à fouiller dans vos mails envoyés.
Les outils spécialisés pour professions juridiques vont plus loin : détection automatique des changements de poste dans votre réseau (votre ancien client a changé d'entreprise, c'est le moment de reprendre contact), rappels contextualisés ("Vous n'avez pas eu d'échange avec Madame Martin depuis 6 mois, et son dossier arrive à échéance"), partage du suivi des échanges avec vos collaborateurs.
La différence fondamentale avec un CRM classique : ces outils n'exigent pas de saisie manuelle. Ils se synchronisent avec votre messagerie existante et enrichissent automatiquement les fiches contacts. Vous restez dans votre environnement de travail habituel.
Quand abandonner et passer à autre chose
Toutes les relances n'aboutissent pas, et c'est normal. Savoir quand arrêter fait partie de la gestion efficace de votre temps. Après trois tentatives espacées sur des canaux différents (mail, téléphone, mail avec proposition alternative), le silence devient une réponse en soi.
Deux scénarios possibles : soit votre interlocuteur est effectivement indisponible ou désintéressé, soit il traverse une période complexe. Dans les deux cas, l'insistance devient contre-productive.
La bonne pratique : un dernier mail de clôture courtois. "Madame Leblanc, je comprends que le moment n'est peut-être pas opportun pour ce projet. Je reste à votre disposition si la situation évolue. N'hésitez pas à me recontacter directement." Vous laissez la porte ouverte sans pression.
Mais attention : abandonner le suivi actif ne signifie pas oublier la personne. Votre contact reste dans votre réseau. Un outil comme Anaba surveille automatiquement les changements de poste dans votre réseau professionnel et vous alerte lorsqu'un ancien client ou prospect prend de nouvelles fonctions. Cette réactivité vous permet de reprendre contact au moment opportun, avec un prétexte légitime ("J'ai vu que vous avez rejoint [nouvelle entreprise], félicitations"), sans surveillance manuelle. Ce type de suivi relationnel automatisé transforme un échec ponctuel en opportunité future.
Au-delà de la relance : construire une relation qui génère des réponses
La meilleure relance est celle que vous n'avez pas à envoyer. Certains avocats obtiennent des taux de réponse naturellement élevés parce qu'ils ont construit un capital relationnel solide.
Le principe : chaque interaction, même mineure, alimente la relation. Un mail de félicitations lors d'une nomination, un article pertinent envoyé sans attente de retour, une mise en relation utile entre deux contacts. Ces gestes créent une dynamique de réciprocité : vos mails sont ouverts en priorité parce que vous avez démontré une attention sincère.
Cette approche n'est pas du marketing, c'est de l'entretien relationnel professionnel. Dans les professions de conseil, la qualité du réseau détermine directement le volume d'opportunités. 59% des clients trouvent leur avocat via des recommandations, pas via une recherche Google.
Concrètement : réservez 30 minutes par semaine pour ces interactions non transactionnelles. Parcourez les actualités de votre secteur, identifiez les nominations ou changements dans votre réseau, envoyez trois messages personnalisés. Pas de template, pas d'automatisation ici. Ce temps investi réduit drastiquement vos besoins de relance sur les sujets importants.
Cette pratique nécessite cependant une base de contacts actualisée. Là encore, les outils modernes font la différence : une plateforme qui enrichit automatiquement les fiches avec les changements de poste, les nouvelles coordonnées, les évolutions d'entreprise, vous évite la corvée de mise à jour manuelle.
Transformer la relance en levier de développement
Relancer un mail n'est pas une tâche administrative parmi d'autres. C'est un moment de vérité dans la relation client. Votre capacité à le faire avec tact, au bon moment, avec le bon message, distingue une pratique réactive d'une pratique proactive.
Les principes à retenir : privilégiez la clarté à la politesse excessive, apportez systématiquement un élément nouveau, facilitez la réponse par des questions fermées, et n'attendez jamais la troisième relance pour changer de canal.
Mais surtout, reconnaissez que le suivi manuel atteint ses limites au-delà d'un certain volume. Vous ne pouvez pas mémoriser l'état de chaque relation, la date du dernier échange avec chaque contact, les sujets en attente. Cette surcharge cognitive vous fait perdre des opportunités.
Un système structuré - qu'il soit simple (fonctions natives de votre messagerie) ou sophistiqué (plateforme dédiée) - transforme cette contrainte en avantage concurrentiel. Pendant que vos confrères oublient de relancer ou le font maladroitement, vous intervenez au moment optimal avec le message pertinent.
Découvrez comment Anaba automatise le suivi de vos échanges clients et vous alerte au bon moment, sans surveillance manuelle. Une démonstration personnalisée vous montre concrètement comment récupérer ces heures perdues en tâches administratives.

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